Prix de l’énergie : à flambée (inédite et) historique, mesures (inédites et) historiques !

Prix de l’énergie : à flambée (inédite et) historique, mesures (inédites et) historiques !

Face à la flambée historique et dramatique des prix de l’énergie pour les entreprises et les citoyens, l’Union Wallonne des Entreprises appelle les autorités à prendre un ensemble de mesures fortes, à court et moyen termes, afin de limiter au maximum les impacts désastreux de cette envolée. Priorités : le mix énergétique, la sécurité d’approvisionnement, les prix, la levée des freins au renouvelable et les investissements dans les infrastructures pour optimiser les différentes solutions techniques. Fédéral ou wallon : tous les niveaux de pouvoir ont des leviers pour diminuer l’impact de la crise qui touche autant les citoyens que le tissu économique !

La situation en Ukraine nous interpelle toutes et tous par ses conséquences d’abord humaines et humanitaires. La prise en charge de ces situations personnelles et le règlement rapide du conflit doit être une priorité absolue.

Au-delà de ces drames, ce conflit entraîne déjà des conséquences économiques lourdes auxquelles les entreprises de Wallonie n’échappent pas.

Face à la flambée des prix de l’énergie pour les entreprises et les citoyens, l’Union Wallonne des Entreprises appelle les autorités à prendre un ensemble de mesures fortes, à court et moyen termes, afin de limiter au maximum les impacts désastreux de cette envolée.

L’UWE en est consciente, la situation est totalement inédite, et il n’y a sans doute aucune solution simple ou indolore. Pour Olivier de Wasseige, « Il faut toutefois agir sans tarder, même avec des solutions partielles !  En effet, de nombreux ménages et de nombreuses entreprises ne pourront résister longtemps. Inutile de préciser que quand les entreprises souffrent, des emplois se perdent. En outre, tout ceci se déroule dans un contexte, d’une part, d’incertitude sur le futur de notre approvisionnement énergétique et, d’autre part, de croissance des besoins électriques dus aux nouveaux modes de production et d’usages (véhicules électriques, économie circulaire, captage de CO2, etc.). Sans oublier que les effets de l’inflation impactent de plein fouet les salaires et les prix des matières premières. L’UWE en appelle donc à des réactions fortes et urgentes des autorités ! »

Au niveau Fédéral, une action sur les prix de l’énergie doit être menée de manière forte pour contenir dans les plus brefs délais cette croissance intenable. Au niveau des carburants spécifiquement, le système du cliquet inversé est utile pour les citoyens. Il doit bien évidemment être envisagé. Mais, le problème est qu’il n’a pas d’impact suffisant sur le transport professionnel. Or, les coûts du transport flambent et impactent les transporteurs et leurs clients. Une solution doit donc être également étudiée pour ce secteur.

Par ailleurs, il est essentiel de veiller au pouvoir d’achat des ménages à court terme. Idéalement, il faut intervenir prioritairement pour les gens qui en ont le plus besoin (difficulté à se chauffer, à se déplacer). Les personnes à bas revenus doivent pouvoir continuer à vivre dignement, à travailler et à se déplacer, c’est donc elles qu’il faut aider prioritairement. Mais, s’il ne s’avère pas possible matériellement de les cibler avec la TVA, il faut alors et dans l’urgence adapter la TVA des produits énergétiques à la baisse pour tout le monde.  Pour améliorer la situation des bas salaires, il faut en outre alléger à moyen terme les charges sur ces revenus en augmentant le net poche sans modification du coût patronal.

L’UWE demande également la prolongation du chômage temporaire jusqu’à la fin de l’année pour pouvoir franchir cette nouvelle crise et ses conséquences sur l’emploi.

Au niveau wallon une norme énergétique pourrait être mise en place sur base du modèle fourni par la norme fédérale. En outre, les surcharges régionales sur l’électricité pourraient être glissées vers un système de contribution qui les englobe et qui pourrait être plafonnée. Avant la mise en place de cette norme et de cette contribution, l’urgence justifie que ces surcharges soient immédiatement plafonnées voire supprimées temporairement, mais aussi qu’elles soient compensées sur le budget régional ! Cette compensation pourrait s’envisager via la réorientation d’une partie des fonds du Plan de Relance vers des aides, comme cela a été fait pour les inondations. Cette partie proviendrait uniquement des projets ne bénéficiant pas du tout à la relance et donc non prioritaires.

Tant au niveau fédéral que wallon, l’UWE appelle les sociétés de transport public à augmenter leur offre pour venir en soutien, notamment, des travailleurs impactés par la hausse des carburants. L’UWE demande que la SNCB et le TEC élargissent les plages horaires de leur offre afin de prendre en compte les personnes qui démarrent tôt ou finissent tard et qu’ils déploient leurs services plus largement qu’aujourd’hui, au bénéfice des zones d’emplois. La Wallonie et le TEC pourraient s’adjoindre les services de sociétés privées pour aider les travailleurs à passer ce cap délicat pour eux et leur employeurs. Cet effort pourrait avoir des conséquences positives sur le long terme pour la fréquentation de ces entreprises publiques.

Cette crise oblige aussi les autorités à travailler sur le moyen terme ! L’UWE rappelle dès lors à quel point :

  • il est essentiel d’anticiper davantage les choses en définissant une vision et un mix énergétique aussi solides que possible en diversifiant nos sources d’approvisionnement énergétique et qui, d’ici là, assure notre sécurité énergétique ;
  • il faut lever les freins rencontrés au développement du renouvelable (permis, acceptabilité sociétale, conditions d’exploitation…) ;
  • il est crucial d’investir dans les infrastructures qui nous permettront d’être interconnectés au mieux, de véhiculer du gaz, de l’hydrogène et aussi du CO2 (capture et stockage) ;
  • les autorités doivent éviter tout excès réglementaire conduisant à des surcoûts venant aggraver la situation sur les prix de l’énergie (prix des logements neufs par exemple impactés par de nombreuses exigences et qui pénalisent gravement l’accès à la propriété).

Comme le rappelle Olivier de Wasseige, « L’UWE est consciente que cette crise est mondiale mais elle convaincue que les autorités fédérale et wallonne ont en main des leviers pour en diminuer les conséquences désastreuses pour les citoyens et le tissu économique ».

A propos de l'auteur

Benoît MINET

Responsable Communication