Point Conjoncturel | Coup de frein sur la reprise ! Pandémie et inflation sèment le trouble…

Point Conjoncturel | Coup de frein sur la reprise ! Pandémie et inflation sèment le trouble…

La croissance est toujours bien au rendez-vous en Wallonie, c’est une bonne nouvelle. Mais, une moins bonne l’accompagne : cette croissance ralentit, en partie à cause de l’inflation, des contraintes d’offres et de la récente recrudescence de l’épidémie. Résultat : l’année 2021 ne tiendra pas toutes ses promesses et l’horizon semble déjà se boucher dangereusement pour 2022. Dans ce contexte, le poids de la dette publique pourrait bien limiter la capacité de réaction de la Région et aggraver la situation de notre économie.

Les chiffres ne surprendront personne, tant la tendance ne s’est jamais démentie au cours des 12 derniers mois : l’année 2021 aura été marquée par une forte reprise de l’économie mondiale. Le FMI prévoit d’ailleurs d’atteindre une croissance mondiale de 5,9% pour l’année écoulée, avec une progression plus rapide dans les économies émergentes (+6,4%) que dans les pays avancés (+5,2%). Du côté du vieux continent, les prévisions sont de l’ordre de 5% en zone euro et de 6,1% en Belgique. Les principaux indicateurs économiques retrouvent quant à eux leurs niveaux d’avant crise dans la plupart des économies avancées. Toutefois, la perte de richesse engendrée par la crise sanitaire n’a pas été et ne sera probablement jamais compensée.

Ralentissement

La croissance des derniers trimestres est moins vigoureuse que celle connue en début d’année. En effet, l’impulsion donnée par les politiques monétaires et budgétaires commence à s’estomper. Ces derniers mois, la hausse de l’inflation, principalement tirée par les prix de l’énergie, est au centre de toutes les attentions, car elle comporte plusieurs dangers pour les entreprises : augmentation du coût salarial (qui met la compétitivité des entreprises sous pression), risque de baisse de la consommation des ménages, le tout avec un impact sur la croissance économique. Sans oublier le risque de voir les banques centrales réagir, en augmentant par exemple leur taux directeur dans l’optique de prévenir les surchauffes. Néanmoins, malgré un taux d’inflation historiquement haut, la BCE n’envisage pas de rendre sa politique monétaire moins accommodante, du moins à court terme.

A tous ces risques liés à l’inflation s’ajoutent les contraintes d’offres, qui sont principalement dues aux pénuries de matériaux et aux perturbations dans les chaines d’approvisionnements. Le risque d’un scénario de stagflation (faible croissance et forte inflation) est donc aujourd’hui bien réel.

L’incertitude Covid pèse également sur l’ensemble des scénarios et la recrudescence de la pandémie ces dernières semaines pourrait être un frein supplémentaire aux perspectives déjà plombées. Les prochaines semaines seront donc cruciales et l’effort doit continuer à porter sur l’accélération de la vaccination de la population (belge, européenne mais également mondiale) afin de donner une perspective de sortie de la crise sanitaire définitive à moyen terme.

La Wallonie, sa relance et son plan de relance

« Les entrepreneurs wallons sont au milieu du gué », explique Olivier de Wasseige. « Les résultats de notre enquête menée début novembre auprès des entrepreneurs wallons confirment la croissance observée en 2021. Ceux-ci ont connu une première moitié d’année favorable à leur activité et à leurs exportations. L’emploi et les investissements ont également connu une évolution positive. Au moment de l’enquête, les perspectives d’évolution pour ces indicateurs restaient relativement favorables. Mais, c’était sans compter sur le retour en force du virus et l’émergence du nouveau variant, qui rendent les perspectives certainement plus moroses aujourd’hui ».

En 2022, la croissance devrait cependant toujours être au rendez-vous en Wallonie. Les prévisions tablent en effet sur une croissance de 4%, moins importante donc que celle prévue en 2021 (5,5%). Néanmoins, si les risques pour 2022 sont clairement identifiés, leur évolution reste à confirmer. « Si la Wallonie veut poursuivre sa croissance, elle devra donc passer au travers de 4 obstacles majeurs : la pandémie et ses évolutions, la pénurie de main d’œuvre, la hausse de l’inflation et enfin les problèmes d’approvisionnements ».

Question cruciale : le plan de relance est-il  « la » solution pour la Wallonie ? Comme le rappelle Olivier de Wasseige, « l’UWE a porté un regard critique sur le plan de relance proposé par le Gouvernement. Ce plan est pourtant une des pièces cardinales de la sortie de crise. Une ambition renforcée de la dynamique de relance autour de projets de structuration de filières industrielles, de renforcement des compétences sur le marché du travail, d’entrepreneuriat et de croissance des entreprises, d’innovation et de recherche est une nécessité absolue. L’UWE l’a déjà dit et le répète ici : la Wallonie n’a plus de joker ! »

Le « Point conjoncturel » paraît deux fois par an. Il synthétise les dernières évolutions conjoncturelles de l’économie wallonne, replacées dans le contexte international. Des données statistiques confrontées au terrain, puisqu’elles sont étayées par une enquête menée auprès des entreprises wallonnes.

Le « Point conjoncturel » n°39 (12 pages) est disponible au format PDF ci-contre
(volet « Téléchargements » à droite) ou via www.uwe.be/point-conjoncturel

 

A propos de l'auteur

Yves-Etienne MASSART

Marketing & Communication Manager