L’emploi, priorité des priorités de tous les gouvernements !

L’emploi, priorité des priorités de tous les gouvernements !

Face aux déficits budgétaires importants, tant du fédéral que du régional, les négociateurs des futurs gouvernements n’ont que 3 options : augmenter la fiscalité, diminuer les dépenses ou augmenter le taux d’emploi.

Dans son Rapport Économique 2019, l’UWE attire donc l’attention des responsables politiques sur  l’intérêt d’approfondir cette troisième piste. Ce qui est valable pour le fédéral l’est a fortiori pour la Wallonie. En effet, le taux d’emploi wallon est parmi les plus faibles des pays et régions voisins.

Pendant la législature 2014-2019 le taux d’emploi a augmenté de 2%, passant de 61,8% à 63,7%. L’emploi en Wallonie s’améliore donc mais des efforts importants doivent encore être faits en matière de formation et d’enseignement. Si on réalise les efforts nécessaires, la Wallonie pourra atteindre, en 2030, le niveau de plein emploi actuel de la Flandre. Le message de l’UWE est optimiste et encourageant.

La Wallonie est aussi caractérisée par un nombre de demandeurs d’emploi inoccupés élevé, et un taux de chômage encore trop élevé que pour être en plein emploi. Les entreprises sont quant à elles confrontées à des tensions sur le marché du travail avec de nombreux emplois vacants et des difficultés de recrutement. Afin d’arriver à une situation de plein emploi, il est donc essentiel en Wallonie d’agir sur les facteurs structurels.

Pour cela, plusieurs conditions sont nécessaires :

  • D’une part, il est indispensable d’avoir un consensus entre gouvernement wallon, syndicats et monde des entreprises sur la manière et les moyens pour y arriver ;
  • D’autre part, cela ne peut passer que par des réformes structurelles, à court et à moyen terme.

Dans son rapport, l’UWE propose une série de mesures de court et moyen termes. Elles portent d’abord sur l’enseignement.  Olivier de Wasseige précise : «Nous sommes bien conscients que le changement est difficile et se vit sur le terrain. Les entreprises sont là pour aider le monde de l’enseignement, que ce soit dans l’adaptation des programmes par rapport à l’évolution des métiers et compétences, pour les formations qualifiantes, pour les formations en alternance. Mais nous ne voulons pas être des donneurs de leçons, et donner l’impression d’une volonté d’adéquationnisme. Nous sommes persuadés que la qualité de l’enseignement impacte la vie des élèves pendant et après leur parcours scolaire, et il est prouvé que meilleur est l’enseignement, plus grandes seront les chances de réussite des apprenants dans la vie, les éloignant des risques de pauvreté».  La résolution des problèmes et de la qualité de l’enseignement passe par tous les acteurs : le politique, les entreprises, le monde de l’enseignement, et les élèves et parents eux-mêmes, auxquels il faut donner envie par rapport au parcours scolaire.

Programmes de cours, la qualité de l’enseignement, diagnostics, financement de l’enseignement, efforts structurels, gains de productivité, rationalisations (suppressions de certaines options peu fréquentées et sans grandes perspectives d’emplois, …) : autant de questions qui doivent être étudiées par le prochain gouvernement. L’UWE invite tous les acteurs à se mobiliser, convaincue que la Wallonie s’en sortira si on développe le capital humain.

Inadéquations sur le marché du travail

L’emploi, priorité des priorités de tous les gouvernements !

Autre volet de l’étude, le marché de l’emploi. En Wallonie, l’inactivité est un phénomène important et le taux d’emploi est relativement bas (63,7%), beaucoup plus bas que chez nos voisins ou que la moyenne européenne. Or l’emploi est capital pour le redressement de la Wallonie. « Et vu les difficultés financières de celle-ci, la création d’emploi doit passer majoritairement par les entreprises. La Wallonie compte un secteur public et non-marchand qui occupe une place très importante en termes d’emploi (35%, soit 440.000 personnes), ce qui  pose d’ailleurs un problème budgétaire. L’emploi du secteur marchand n’est pas suffisamment développé pour générer  un financement équilibré de la sécurité sociale et des dépenses publiques en lien avec les  défis majeurs (digitalisation, transition énergétique, vieillissement de la population, etc.) qui attendent la Wallonie». Ce constat renforce encore l’urgence de développer une nouvelle base industrielle solide, d’encourager la création et la croissance des entreprises, entraînant la création de services marchands et permettant de financer les emplois et services publics. «Il faut donc faire en sorte que plus de Wallons et Wallonnes travaillent, en aient les opportunités et aient les compétences nécessaires afin d’avoir plus de personnes qui contribuent au financement de la sécurité sociale et des dépenses publiques».

La question est d’autant plus criante que la Wallonie souffre toujours d’un nombre élevé d’emplois vacants, qui freinent la croissance des entreprises. Le paradoxe restant qu’il est anormal d’avoir un tel taux de vacance alors que le taux de chômage reste élevé (même par rapport à la moyenne européenne), même s’il est en nette diminution depuis 5 ans, ce qui est une excellente nouvelle. Si la Wallonie ne prend pas les mesures nécessaires pour combler les postes vacants, nous risquons d’atteindre 146.000 postes vacants d’ici 2030 (étude Be the change).

Déséquilibre structurel du marché de l’emploi, pénuries, STEM, formations, pièges à l’emploi, évaluation des aides à l’emploi, … sont autant d’enjeux pour les prochains gouvernements et une réforme en profondeur des outils d’accompagnement et d’activation nous paraît nécessaire. Elle passe probablement par une rationalisation d’outils trop nombreux et peu lisibles, par un meilleur suivi du parcours des demandeurs d’emploi, en ouvrant la porte aux entreprises qui souhaitent créer des écoles pour suppléer la formation de base et qualifiante des demandeurs d’emploi, quand celle-ci n’est pas suffisante.

En conclusion, l’UWE invite également les autorités publiques wallonnes à modifier la politique liée à l’emploi, en changeant les orientations budgétaires, en réorientant les modalités de gouvernance par exemple, et en développant une culture de l’évaluation des politiques menées et de l’efficience de celles-ci.

Le « Rapport Économique 2019 » de l’UWE est disponible au format pdf
via l’onglet « Documents joints » à droite ou en cliquant ICI.