La compétitivité numérique de la Belgique continue de chuter

La compétitivité numérique de la Belgique continue de chuter

La Belgique perd encore deux places dans le classement international de la compétitivité numérique établi par l’institut de management lausannois IMD et se positionne à la 25ème place mondiale. Pour l’UWE, il est impératif d’accélérer et de renforcer la démarche de transformation numérique de la Wallonie via une mobilisation générale des acteurs institutionnels et économiques de la région sur cet enjeu.

Le Classement mondial de la compétitivité numérique (World Digital Competitiveness Ranking – WDCR), lancé en 2015, mesure la capacité et la volonté de 63 pays d’adopter et d’explorer les technologies numériques en tant que moteur essentiel de la transformation économique des entreprises, des services publics et de la société en général.

De façon globale, nos pays voisins s’en tirent mieux que nous

Les Pays-Bas sont 6e, l’Allemagne 17e, le Luxembourg 21e et la France nous précède quant à elle d’une place dans le ranking. D’un point de vue plus positif, dans cette course à la transformation numérique, la Belgique devance néanmoins d’autres pays comme l’Estonie, l’Espagne ou l’Italie.

La compétitivité numérique de la Belgique continue de chuter

La méthodologie du classement WDCR définit la compétitivité numérique sur base de trois facteurs principaux:

  • Les connaissances, à savoir le savoir-faire dont dispose un Etat pour découvrir, comprendre et développer de nouvelles technologies (23e place) ;
  • Les technologies elles-mêmes, c’est-à-dire  le contexte général permettant le développement des technologies numériques (21e place);
  • La préparation au futur, qui évalue le niveau de préparation du pays pour exploiter les transformations numériques (25e place).

Forces et faiblesses de la Belgique en matière de transformation numérique

Au niveau des forces, on peut pointer en premier lieu les talents dont notre pays dispose. L’expérience internationale, le flux net d’étudiants étrangers, et les dépenses publiques dans l’enseignement font partie des éléments positifs. Par contre, le nombre de diplômés dans les orientations STEM (Science, Technology, Engineering, Mathematics) reste encore trop peu élevé alors que ces profils sont essentiels pour pouvoir répondre pleinement aux opportunités offertes par la transformation numérique et que dans chacune des régions, les entreprises éprouvent des difficultés à trouver du personnel qualifié. Pour l’ensemble des régions, seulement 17% des étudiants de l’enseignement supérieur terminent leurs études dans une option STEM aujourd’hui. C’est nettement moins que la moyenne européenne (26%) et moins de la moitié du pourcentage en Allemagne (36%). Même si l’on peut observer un regain d’intérêt pour les filières STEM dans les universités francophones, l’UWE renouvelle donc son appel en faveur de plans d’action concrets pour promouvoir de façon plus poussée les filières STEM dans notre pays.

Autre point de faiblesse de notre pays : la cybersécurité et l’e-gov. Bien que de nombreux efforts aient été réalisés en matière d’authentification numérique et de simplification administrative, la réutilisation systématique des données des entreprises reste toujours trop faible. L’UWE rappelle à ce sujet que les lourdeurs administratives sont parmi les premières préoccupations des entreprises. L’administration en a bien conscience et a déjà avancé sur le chemin de la simplification : digitalisation de certains formulaires, création d’espaces personnels, traçabilité de certains dossiers, début de mise en œuvre du principe du principe «only once». Il faut poursuivre l’effort avec l’objectif ambitieux mais réaliste d’une administration «paperless». Ceci implique d’analyser les conséquences organisationnelles (révision des processus, formation) et budgétaires.

Enfin, bien que son niveau d’équipement informatique  (smartphones et tablettes) soit relativement élevé, la Belgique doit cependant encore réaliser des efforts en matière de valorisation économique des opportunités du numérique. Par manque d’ambition, de réactivité, d’agilité et d’utilisation intelligente des nouvelles technologies, les entreprises belges ne tirent pas suffisamment profit de la digitalisation. L’UWE encourage donc un maximum d’entreprises à se saisir de ces opportunités et à profiter notamment des actions et moyens mis en place dans ce cadre au travers du programme Digital Wallonia (intelligence artificielle, industrie 4.0, e-commerce, maturité numérique, …).

Donnons-nous les moyens de développer nos atouts

On le voit, il y encore a du travail pour amener la Belgique et la Wallonie sur le chemin de la compétitivité numérique. Nous nous distinguons dans certains domaines, mais nous avons manqué d’anticipation dans d’autres. Notre région se rattrape depuis quelques années en mettant en œuvre son Masterplan «Digital Wallonia». N’hésitons pas à investir les ressources nécessaires pour revenir dans la course. Ce nouvel enjeu devrait sans tarder mobiliser toutes les intelligences wallonnes, des universités aux entreprises en passant par les pouvoirs publics.