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Attentes des entreprises

Par TD - — 14/11/2007 14:39

Les entreprises ont besoin de talents pour assurer leur développement. Eu égard à la situation paradoxale de la Wallonie en matière d’emploi, cet enjeu est crucial : comment aider les entreprises à trouver la main-d’œuvre qualifiée dont elles ont plus que jamais besoin en période de crise, comment mieux lutter contre les difficultés de recrutement et garantir un meilleur enseignement à tous les niveaux ?

Les pénuries

Dans un marché tel que celui de l’emploi, il n’est pas suffisant d’avoir d’un côté des demandes d’emploi et de l’autre des offres d’emploi. Il faut encore que cette demande et cette offre se rencontrent. Or, la Région wallonne connaît depuis plusieurs années de grandes tensions entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi. C’est dans cette situation précise que les entreprises connaissent des «pénuries de main d’œuvre». Y-a-t-il des raisons objectives à ces pénuries ? Elles peuvent être de plusieurs natures : du manque de candidats au manque d’expérience de ceux-ci, du manque de qualification ou de compétences aux problèmes liés à la motivation, à la mobilité.

Durant la législature écoulée, des travaux ont mieux cerné la problématique : malgré un haut taux de chômage s’élevant à 10,5%, la région connaît une inadéquation entre l’offre et la demande sur le marché du travail principalement pour les métiers techniques.

Pour apporter des réponses, le Plan d’Actions Prioritaires a prévu une approche multiple : placement des demandeurs d’emploi (offre ciblée), formation des demandeurs d’emploi, information sur les métiers en pénurie (campagne de presse), valorisation de l’image de certains métiers.

Mais, la Région peut mieux faire ! La mesure Job Focus, ciblant un métier, est une initiative importante qu’il convient de prolonger dans les politiques régionales et communautaires, singulièrement dans les actions de l’enseignement technique et professionnel et dans celles du Service public de l’emploi.

Mais plus globalement, les divers dispositifs manquent de transparence sur l’impact obtenu au terme de leurs actions. Que deviennent les pénuries constatées en 2006 ? Ont-elles diminué ou pas ? Si oui, ces métiers sont-ils encore considérés comme des métiers en pénurie ? Les formations prévues à la suite du constat d’un métier en pénurie sont-elles plus fréquentées ? Toutes ces questions prouvent que l’évaluation du dispositif ne doit pas se faire en fin de processus mais bien de façon continue.

Ce dispositif de lutte contre les pénuries doit rester un axe du prochain Gouvernement pour mettre au travail les demandeurs inoccupés et ainsi répondre aux besoins des entreprises.

Les entreprises souhaitent que les mesures et les résultats obtenus deviennent transparents, notamment au travers de :

·         la réalisation d’un baromètre mensuel des 100 métiers les plus demandés au FOREM

·         la réalisation d’un tableau de bord des actions entreprises par métier

·         l’amplification des actions de promotion des métiers scientifiques et techniques.

Les compétences linguistiques

La connaissance des langues est importante dans notre cadre institutionnel, mais aussi pour des raisons sociales, économiques, géographiques,…

Mais l’argument le plus important n’est-il pas que la connaissance d’une langue étrangère est un élément positif dans la recherche d’un emploi et peut être un obstacle à la mise à l’emploi non seulement pour les métiers hautement qualifiés mais aussi pour les métiers moins qualifiés ?

Selon une étude menée par l’UWE et le Forem auprès des entreprises :

·         38% du personnel des entreprises sondées est amené à parler une langue étrangère ;

·         14% des répondants ne trouvent pas sur le marché les candidats multilingues qu’ils recherchent : il y a là un gisement d’emplois potentiels !

·         40% des entreprises recourent à la formation en langues (surtout des cours en groupe).

Faut-il tout attendre des pouvoirs publics ? Non : les entreprises investissent dans les compétences linguistiques de leur personnel (le taux de 40% d’entreprises formatrices en langues est au-delà du taux moyen d’entreprises formatrices de 22%). Signe d’un besoin réel et aussi de lacunes en amont !

L’enseignement obligatoire et l’enseignement supérieur doivent prévoir une connaissance linguistique suffisante en fin d’études. Concrètement, en haut des priorités, il est nécessaire :

·         Que la Communauté française se réfère au Cadre européen linguistique pour les langues. Cette référence permettra de fixer des objectifs précis d’acquisition par niveaux de l’enseignement sur base des niveaux européens.

·         De prévoir des épreuves externes homogènes pour mesurer l’atteinte de ces objectifs, à l’instar de ce que vient d’initier la Communauté française en fin de primaire.

·         De renforcer l’enseignement en immersion linguistique en Communauté française en fixant des objectifs d’augmentation du nombre d’écoles en immersion et trouver des réponses aux problèmes qui se posent aujourd’hui.

·         De maintenir des mesures incitatives pour les entreprises à former les travailleurs dans une langue étrangère.

·         D’évaluer l’impact réel des stages linguistiques via une objectivation des trajectoires des personnes en ayant bénéficié.

  Le FOREM : vers une Agence de l’emploi concentrée sur ses vrais objectifs ?

Quantité d’études le prouvent : l’efficacité de l’agence pour l’emploi est une des causes essentielles de la réduction importante du chômage ou son maintien à un niveau donné. L’efficacité d’une agence pour l’emploi se mesure au nombre de personnes que cette agence (ré)intègre de manière active dans l’emploi, mais non au nombre de chômeurs accompagnés, de formations données etc. qui sont des indicateurs de moyens et non de résultats.

C’est donc cet objectif de «réintégration active des demandeurs d’emploi» qui doit être assigné au FOREM, et des indicateurs de résultats doivent être élaborés à partir de cet objectif. Ceci dit, il semble que le petit nombre d’entreprises qui utilisent les services du FOREM en sont satisfaites, même si elles pointent le manque de réactivité et surtout de clarté dans les services directement accessibles. Les entreprises ne remettent donc pas en cause l’existence même d’un service public de l’emploi mais se demandent si le FOREM remplit sa mission première de réintégrer des demandeurs d’emploi dans le circuit du travail, et si ses modalités d’action sont adaptées à cette mission.

La priorité du Forem doit être de réintégrer les demandeurs d’emploi dans le circuit du travail en rendant les ressources humaines disponibles sur le marché du travail. Comment ? Par la transparence des offres et demandes d’emploi, l’objectivation des compétences des demandeurs d’emploi, la levée de freins à la mobilité, de pièges à l’emploi et surtout par un accompagnement efficace et intensif. Cette action se réaliserait avec les acteurs présents sur le marché du travail (entreprises, agences privées de placement, organismes d’insertion)

De cet objectif unique, découlent plusieurs axes de réforme rapide pour le FOREM.

Le premier est une série de transferts importants de compétences du FOREM vers les administrations wallonnes et notamment l’IWEPS pour l’évaluation, l’Administration wallonne pour certains actes administratifs,…

Autre axe : une solution à la situation problématique de FOREM Formation dans le champ des divers opérateurs de formation. La formation professionnelle doit faire l’objet d’une entité distincte autonome. De fait, tant les directives européennes que les dispositions en matière de TVA forcent ce type d’évolution.

Cette solution permettrait de doter cet organisme de formation de l’autonomie nécessaire en matière de gestion de ses missions, ses moyens et son personnel. Mais aussi de la transparence au regard du financement de sa mission d’intérêt économique général que constitue la formation des demandeurs d’emploi. Et enfin, de la transparence et comptabilité distincte concernant le service économique que constitue la formation à la demande des entreprises qui s’exprime sur un marché en concurrence avec des acteurs privés.

Pour le solde, la future Agence publique de l’emploi devra faire l’objet d’une réorganisation fondamentale de ses missions et de sa gouvernance. Deux types de solutions sont envisageables :

soit les organisations des employeurs et les organisations syndicales participent à la gestion du Forem en qualité d’administrateurs avec les pouvoirs y associés ;

soit les organisations des employeurs et les organisations syndicales participent à un comité d’orientation qui fixe les objectifs stratégiques du FOREM sans en aucune façon s’occuper de la gestion interne de l’organisme.

Un comité d’orientation n’a de sens que s’il y a consensus patronal / syndical sur les missions à assumer par le FOREM. Ce consensus est un des enjeux de la prochaine législature.