Une industrie wallonne compétitive et durable
15 juin 2011 - L’édition 2011 des «Etudes sur la Situation de l’Entreprise» de l’UWE, publiée ce 15 juin, dresse le portrait de l’industrie en Wallonie. Mal considérée sur les 30 dernières années du 20e siècle, l’industrie a retrouvé un avenir en Europe. Dans ce cadre, l’industrie wallonne, après les dramatiques restructurations des années 80, a progressivement retrouvé une certaine vigueur et compétitivité...
En termes réels, sa place dans l’économie régionale est restée stable. Il n’y a donc pas eu de désindustrialisation en Wallonie. D’autre part, de nombreuses entreprises industrielles wallonnes innovent et contribuent à relever les nouveaux défis sociétaux auxquels nous faisons face.
De nombreux obstacles subsistent cependant : la base industrielle wallonne reste trop étroite et des secteurs prometteurs restent sous-exploités.
A travers les plans Marshall, la politique industrielle wallonne a trouvé un élan, qui est en ligne avec les nouvelles recommandations européennes.
Mais il faut encore plus d’ambition, tant dans l’action des pouvoirs publics que dans les stratégies et l’activité des entreprises industrielles de notre région.
L’industrie : un secteur essentiel au développement économique
Depuis quelques années, l’industrie a retrouvé un avenir. Mal considérée sur les 30 dernières années du 20e siècle – polluante, exploitante, créant des besoins inutiles et la surconsommation – l’industrie retrouve du crédit dans la réflexion économique et auprès des décideurs politiques.
Pourquoi ce revirement ? Tout d’abord, l’industrie est le poumon d’une économie : ses produits restent majoritaires dans l’ensemble des exportations d’un pays ou d’une région, assurant dès lors le financement des importations. Ensuite, elle assure une part importante du financement de la R&D et les nouvelles technologies qui en découlent se diffusent ensuite dans l’ensemble de l’économie. D’autre part, elle fournit un nombre important d’emplois, que ce soit de façon directe ou indirecte dans le secteur des services. Enfin, l’industrie est source de très importants gains de productivité qui élèvent le niveau de vie de l’ensemble de la population.
Au-delà de cette contribution immédiate, l’industrie va contribuer de manière sans doute décisive aux solutions demandées par les défis sociétaux auxquels l’humanité et la planète doivent faire face actuellement (réchauffement climatique, vieillissement de la population, etc.). Ceci se fera notamment au travers de la conception et de la construction des capacités de production d’énergies renouvelables ou de la production de matériaux biodégradables, en passant par le développement de médicaments ou les moyens de transports propres.
L’industrie wallonne : une vitalité retrouvée
mais de nombreux défis restent à relever
Dans ce contexte exaltant mais exigeant, comment se situe et évolue l’industrie wallonne ? En synthèse, l’industrie wallonne, après les dramatiques restructurations des années 80, a progressivement retrouvé une certaine vigueur et compétitivité, mais de nombreux progrès restent encore à faire. En effet, la capacité industrielle de la Wallonie est toujours trop étroite : la production industrielle par habitant de la Wallonie est deux fois moindre que celle des pays fortement industrialisés d’Europe. On ne peut cependant pas parler d’une désindustrialisation de la région car, en termes réels, la part de la production industrielle dans le total de l’économie wallonne est restée stable. Mieux, après les terribles restructurations qui ont pris fin au milieu des années 1990, la part industrielle dans l’économie a de nouveau augmenté.
Bien sûr, en termes d’emplois, la désindustrialisation est patente mais celle-ci est pour partie due à l’externalisation de beaucoup de services de la filière industrielle. De plus, l’industrie génère de nombreux postes de travail de façon indirecte, dans le secteur des services.
La compétitivité de l’industrie wallonne s’est quant à elle globalement améliorée mais celle-ci est encore insuffisante pour placer l’industrie wallonne en bonne place face à la concurrence mondiale.
L’évolution de la spécialisation sectorielle va aussi dans le bon sens mais à un rythme trop lent. Il est effectivement regrettable que des secteurs, à l’avenir prometteur sur les marchés émergents, comme celui des machines-outils ou de l’électronique, ne se soient pas plus développés.
Si on considère les investissements en R&D, là aussi l’image globale est plutôt encourageante, puisqu’ils ont augmenté de près de 50% entre 2002 et 2007. Cette augmentation a cependant été essentiellement financée par les grandes entreprises. Une forte concentration s’observe également au niveau des secteurs, la pharmacie fournissant plus de la moitié des dépenses en R&D. L’effort en R&D devrait donc être amplifié dans plus de secteurs et les PME.
De leur côté, les exportations de l’industrie wallonne ont également fortement progressé durant les 10 dernières années, mais leur niveau reste néanmoins encore trop bas et elles restent trop peu orientées vers les marchés d’avenir des principaux pays émergents.
Aujourd’hui, toutes les sociétés modernes doivent faire face à de nouveaux défis de société (changements climatiques, raréfaction des matières premières, vieillissement de la population, …). Les entreprises industrielles wallonnes, de toutes tailles et de tous secteurs, apportent déjà des éléments de réponse à ces problèmes. Une étude complète, illustrée par des exemples concrets, est consacrée à cette thématique dans le rapport 2011.
20 recommandations pour l’avenir
L’industrie continuera donc à jouer un rôle économique majeur. Il faut dès lors de l’ambition, plus d’ambition et plus d’exigence. Dans ce cadre, le Plan Marshall constitue une politique industrielle efficace, que ce soit au travers des pôles de compétitivité, de l’amélioration de l’accès au financement pour les entreprises ou de l’allègement de la fiscalité. Mais il faut aller plus vite et voir plus grand. La conclusion de ces études sur l’industrie propose 20 recommandations pour accélérer la régénérescence du tissu industriel wallon. C’est essentiellement sur l’innovation et les exportations que les efforts doivent porter, en particulier au niveau des PME.
Ces recommandations ne concernent pas seulement les pouvoirs publics. Si ces derniers peuvent créer les conditions favorables, c’est aux entrepreneurs et aux salariés des entreprises industrielles de se mobiliser pour que l’industrie wallonne retrouve le rayonnement international qui était le sien jusqu’au milieu du 20e siècle.
Les «Etudes sur la Situation de l’Entreprise», publiées chaque année, constituent une référence pour rendre compte du profil général de l’entreprise wallonne et du cadre dans lequel elle évolue. L’édition 2011 s’intitule «Une industrie wallonne compétitive et durable».
Ce rapport comprend quatre études inédites de l’UWE :
L’industrie wallonne : faits et chiffres
La politique de l’Union européenne
La politique industrielle wallonne
L’industrie wallonne : des réponses aux défis sociétaux
Dans une deuxième partie sont proposées des monographies sectorielles. Sont ainsi présentées les activités suivantes : industrie technologique, papier, construction, le commerce, chimie et science de la vie, ciment, ressources humaines, industrie extractive, bois et ameublement, traitement des déchets, alimentaire, verre et sidérurgie.
L’édition 2011 des «Etudes sur la Situation de l’Entreprise»
est disponible :
- en version électronique sur www.uwe.be/publications.
- en version papier sur simple demande auprès de Laurence Mortier au 010/47.19.44, laurence.mortier@uwe.be ou via le formulaire de commande en ligne.