Récession… mais pour combien de temps ?
5 novembre 2008 - L'UWE a publié son «Point conjoncturel».
«Dans le contexte économique actuel, la poursuite des politiques économiques demandera un indéniable courage d’arbitrage budgétaire au Gouvernement wallon»
- Pour les 6 prochains mois, les entrepreneurs wallons anticipent un ralentissement significatif de leur activité. La crise actuelle pèsera sur le dernier trimestre 2008 au point de ramener la croissance à 1,6% (contre 2,5% en 2007). Pour 2009, le PIB wallon devrait afficher un recul de 0,4%.
- L’économie wallonne est structurellement fragile. Cette période de récession va causer des dommages importants, non seulement économiques mais aussi sociaux. Le chômage devrait repartir à la hausse.
- La Wallonie n’est pas maître de son destin économique. Les politiques wallonnes ne peuvent à elles seules bouleverser le cours du cycle mondial. Mais le gouvernement peut prendre des mesures pour se mettre en position de mieux profiter des années de reprise.
Voilà quelques lignes de force relevées ce matin à Wavre par l’Union Wallonne des Entreprises (UWE), qui publie son «Point conjoncturel» de novembre.
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Récession… mais pour combien de temps ?
La Belgique connaîtra vraisemblablement un recul de son activité économique en 2009. Personne n’y échappera : ce sera d’ailleurs le cas pour l’Europe entière. Le timing de sortie de cette récession reste encore incertain. Il dépendra de la capacité des politiques économiques à rendre confiance aux ménages et aux entreprises.
La Wallonie, quant à elle, n’a d’autre choix que de poursuivre les politiques structurelles mises en place lors du plan Marshall.
Une récession marquée et générale
Les derniers indicateurs conjoncturels ne laissent plus beaucoup de doute : le monde industriel est entré en récession. Ces indicateurs suggèrent aussi que cette récession sera probablement significative et générale.
- Significative car les principaux acteurs économiques – ménages et entreprises – paraissent comme tétanisés : les indices de confiance s’écroulent, la consommation se grippe, les investissements sont gelés. On peut dès lors redouter que l’activité économique recule aux Etats-Unis et en Europe au moins sur la deuxième moitié de l’année 2008 et la première moitié de l’année 2009.
- La récession semble être générale. Elle touchera bien sûr les Etats-Unis, presque tous les pays d’Europe, et vraisemblablement le Japon. Mais, plus préoccupant encore, le ralentissement s’étendrait aussi aux pays émergents, dont la Russie, la Chine, l’Inde et d’autres pays asiatiques. Ce pôle de croissance, qui avait soutenu l’économie mondiale cette dernière année, devrait donc, lui aussi, s’affaiblir.
La Wallonie n’y échappera pas !
La Wallonie, c’est une économie ouverte. Elle est petite, voire minuscule à l’échelle mondiale. La Wallonie devrait donc, elle aussi, connaître une diminution de son activité lors des prochains trimestres. Une diminution qui devrait ramener la croissance de 2008 à 1,6% (contre 2,5% en 2007), et conduire à une réduction de 0,4% du PIB réel en 2009.
L’économie wallonne est structurellement fragile. Cette période de récession va causer des dommages importants, non seulement économiques mais aussi sociaux. Par exemple, le chômage va, à nouveau, repartir à la hausse. Pour sans doute retrouver un taux proche de 12%. Pour rappel, il se rapprochait des 10% au sommet du cycle conjoncturel.
La récession va aussi entraîner un important ralentissement des recettes fiscales. La contrainte d’une compression des dépenses publiques sera forte.
Quelle sortie de récession ?
La récession sera-t-elle suivie d’une plus ou moins longue période de faible croissance, ou peut-on s’attendre à un rebond rapide? Tout dépendra de l’ampleur et de la coordination des politiques économiques contra-cycliques (politique monétaire et politique budgétaire) qui vont être mises en œuvre. Et cela, tant aux Etats-Unis que dans les pays européens. Tout dépendra de leur capacité à restaurer la confiance.
En effet, la confiance des acteurs économiques est au plus bas. Et ces acteurs doivent être «réceptifs» aux politiques de relance pour assurer leur efficacité. Il peut arriver, comme au Japon durant les années 90, que la méfiance subsiste en dépit de taux d’intérêt très faibles et de dépenses publiques élevées. Conséquences : d’une part, une réticence des ménages à augmenter leur consommation. Et, d’autre part, une tendance des entreprises à ralentir leur investissement, ce qui conduit à une période prolongée de stagnation.
Wallonie : que faire ?
A première vue, la Wallonie n’est pas maître de son destin économique : elle dépend pour beaucoup des décisions prises ailleurs et de l’évolution de l’économie internationale.
Ce constat d’impuissance doit être fortement nuancé. Bien entendu, les politiques wallonnes ne peuvent, à elles seules, changer le cours du cycle mondial. Mais elles peuvent néanmoins contribuer à favoriser les facteurs qui permettront d’accélérer la sortie de la crise et de mieux profiter des années de reprise.
Il s’agit avant tout de conforter les politiques initiées sur le marché du travail : accompagnement plus efficace des demandeurs d’emploi, ciblage et amélioration des formations, supports à la mobilité, etc.
Il s’agit aussi de maintenir le cap en matière de politique industrielle – pôles de compétitivité, clustering – afin de développer des nouvelles activités moins sensibles aux cycles, et de renforcer la capacité de résistance et de rebond des entreprises wallonnes.
Il s’agit enfin de continuer à investir dans la R&D et l’innovation.
Dans le contexte économique actuel, la poursuite de ces politiques demandera un indéniable courage d’arbitrage budgétaire au Gouvernement wallon.
Croissance réelle du PIBTableau de synthèse des prévisions |
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2005
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2006
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2007
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2008p
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2009p
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| Monde | 4,5 | 5,1 | 5,0 | 3,9 | 3,0 |
| US | 2,9 | 2,8 | 2,0 | 1,3 | -1,0 |
| Zone euro |
1,8 | 3,0 | 2,6 | 1,0 | -0,7 |
| Belgique | 2,0 | 2,9 | 2,8 | 1,4 | -0,6 |
| Wallonie | 1,3 | 2,1 | 2,5e | 1,6 | -0,4 |
| e = estimation UWE | p = prévision | |||||
| Sources : Eurostat, ICN, FMI, calculs et prévisions UWE | |||||
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L'UWE remercie les (très) nombreux entrepreneurs qui ont participé à l'enquête conjoncturelle menée en septembre 2008 pour étayer les statistiques étudiées dans ce numéro.
Le «Point conjoncturel» de l'UWE paraît deux fois par an, en avril et novembre. Il synthétise les dernières évolutions conjoncturelles de l’économie wallonne, replacées dans le contexte international. Des données statistiques confrontées au terrain, puisqu’elles sont étayées par une enquête conjoncturelle menée auprès des entreprises wallonnes.
Le «Point conjoncturel» (12 pages) est disponible en version électronique (PDF).