«Transports 2050» : stratégie européenne pour accroître la mobilité et réduire les émissions
Le 28 mars dernier, la Commission européenne présentait son Livre Blanc. Ce dernier donne la vision et les objectifs que l'Europe se fixe en matière de transport à l’horizon 2050. L'ensemble des objectifs et stratégies repris dans ce Livre Blanc tend vers un système de transport compétitif et économe en ressources.
La Commission européenne veut orienter ses membres vers un secteur des transports mieux coordonné, plus efficace et plus vert...
"La qualité et le coût des services de transport ont un impact majeur sur la compétitivité des entreprises, sur la croissance économique et sur la qualité de vie. Les transports sont essentiels à une économie européenne plus efficace". Le secteur du transport emploie quelque 10 millions de personnes et représente 4,5% de l’emploi total en Europe. Concernant les individus, le transport représente un coût important puisqu’en moyenne 13.2% du budget des ménages y sont consacrés.
Vu l’importance du transport pour l’économie et la qualité de vie, la Commission ne désire pas réduire celle-ci mais bien l’améliorer tout en en diminuant les nuisances sur l’environnement. "Le secteur des transports est responsable d’environ un quart des émissions de gaz à effet de serre de l’UE. 12,8% du total des émissions proviennent de l’aviation, 13,5% du transport maritime, 0,7% du rail, 1,8% de la navigation intérieure et 71,3% du transport par route (2008)". Pour réduire ces nuisances d’ici 2050, l’Europe préconise une diminution de la pollution, du CO2 et de la congestion.
"L’objectif de l’Europe est de réduire d’ici 2050 les émissions de CO2 de 80% par rapport à 1990, la consommation de pétrole dans le secteur des transports doit diminuer dès aujourd’hui d’environ 70%, ce qui implique une révolution au niveau des combustibles de transport et de nos habitudes de déplacement".
Parmi les mesures proposées pour atteindre cet objectif, on peut citer:
- Supprimer les véhicules à combustion dans les villes ;
- Porter à 40% la part des carburants durables à faible teneur en carbone dans l'aviation
- Réduire de 40% les émissions de CO2 de l'UE provenant des combustibles de soute dans le transport maritime ;
- Transférer 50% des trajets à courte et moyenne distances depuis la route vers le rail ou la voie d’eau, et cela tant pour les personnes que pour les marchandises.
La Commission compte également sur la recherche et l développement de nouvelles technologies pour apporter certaines solutions et rendre les transports plus efficaces et durables. Elle entend également "lever de nombreuses barrières, techniques et administratives, qui font obstacle aux usagers des transports, aux entreprises et aux citoyens. La circulation au sein de l’UE s’est simplifiée, en partie grâce au marché unique, mais elle n’est pas encore suffisamment libre. Ces barrières nous coûtent du temps, de l’argent et de l’énergie et il est impératif d’agir pour faciliter le transport, qu’il soit de biens ou de personnes". L’UE veut dès lors mettre en place un Espace Européen Unique des Transports qui, concrètement, se traduirait par exemple par "une «ceinture bleue» dans les mers européennes qui viserait à simplifier les formalités pour les navires circulant entre les ports UE" ou encore par une définition d’un cadre pour la sécurité dans les transports.
Enfin, l’Europe souhaite investir dans son réseau de transport afin d’en améliorer la qualité de service.
Bien qu’ambitieux, le Livre Blanc tente d’insuffler une vision d’ensemble au secteur du transport pour l’ensemble des pays membres. La Commission veut orienter ses membres vers un secteur des transports mieux coordonné, plus efficace et plus vert. L’avenir nous dira si ses objectifs seront atteints et s’ils le seront en préservant la compétitivité des entreprises européennes.
Source : Feuille de route pour un espace européen unique des transports