Politique budgétaire du Gouvernement wallon
Un résumé des analyses UWE des budgets de la législature
Budget 2005 - Une politique budgétaire à tenir à l'oeil
Pour son premier budget, le nouveau gouvernement wallon ne témoigne pas de la rigueur attendue. Alors que la reprise de la croissance économique pouvait faciliter le nécessaire retour à un équilibre budgétaire, le gouvernement, apparemment peu enclin aux arbitrages budgétaires, creuse le déficit et augmente la dette régionale. En outre, le budget 2005 ne traduit pas clairement une politique stratégique cohérente pour ramener la Wallonie dans le peloton des régions européennes dynamiques et performantes. Une illustration : les structures publiques (administration, pouvoirs locaux) continuent d'être privilégiées, tandis que la recherche, qui devrait être la pierre angulaire de la politique du gouvernement, reste sous-alimentée.
Budget 2006 - Une première concrétisation du Plan Marshall
Le budget 2006 est un budget solide, qui intègre la 1ère tranche annuelle du financement du Plan Marshall. Pour boucler son budget, la Région wallonne devrait bénéficier d'une forte hausse de ses recettes et projette une évolution très modérée de ses dépenses. La rigueur budgétaire que le Région wallonne s'est imposée pour pouvoir financer le Plan Marshall est sans conteste le fait marquant de ce budget 2006.
C'est donc un budget cohérent que la Région wallonne propose cette année, axé prioritairement sur le développement économique régional et qui reste dans des limites acceptables de déficit budgétaire. Une seule réserve importante à émettre : le recours en abondance à la technique de la débudgétisation, qui permet d'emprunter des sommes qui ne sont pas reprises stricto sensu au budget mais dont les charges vont peser sur les exercices futurs.
Budget 2007 - Une augmentation des recettes qui permet beaucoup
Pour la première fois depuis 1999, le Gouvernement wallon présente un budget en équilibre pour l’année 2007. Mieux, après les divers ajustements pour se conformer au système européen de comptabilité publique, le budget 2007 devrait dégager un surplus de 127 millions. Et mieux encore, l’équilibre est atteint tout en intégrant les 200 millions de dépenses supplémentaires en application du plan Marshall.
La politique budgétaire wallonne connaît-elle une réelle inflexion vers plus de rigueur et une meilleure orientation des dépenses? L’augmentation significative des dépenses hors plan Marshall ne le confirme pas. La croissance très importante des recettes a permis de concilier forte croissance des dépenses et équilibre budgétaire.
Budget 2008 - Moindre rigueur budgétaire mais des promesses "Marshall" tenues
Après 2 ans d’une gestion rigoureuse qui avait permis de réduire progressivement le déficit public régional, entraînant une réduction du ratio d’endettement, le budget wallon va connaître un déficit en 2008 et une nouvelle augmentation du niveau de la dette. Et ce l’année même où la Flandre va effacer complètement sa propre dette. Mais - point très positif - les moyens promis au plan Marshall sont bel et bien intégrés dans le budget 2008.
Budget 2009 - Plus de dépenses sans déficite budgétaire
Le budget 2009 parvient à financer le Plan Marshall et renforce les crédits accordés à la recherche, tout en arrivant à l'équilibre. Dans le même temps, le gouvernement provisionne 90 millions d'euros pour faire face aux incertitudes liées à la conjoncture. Cependant, ce montant pourrait bien s'avérer inssuffisant si la récession venait à s'accentuer. La forte augmentation des dépenses primaires (hors refinancement de Dexia et Ethias) est elle aussi à suveiller.
Budget 2010 - Le gouvernement s'en sort honorablement
Le budget régional 2010 a été élaboré dans une certaine confusion. Et pourtant c’est un budget important : le premier de la nouvelle coalition, et sous la pression de la crise économique. Côté face : le déficit a été contenu, le Plan Marshall 2.vert est financé. Côté pile : la crise retarde une réelle évaluation de la pertinence, de l’efficacité et de l’efficience de toutes les dépenses publiques.
Budget 2011 – Un déficit maîtrisé
Après un budget 2010 à l’organisation chaotique, la majorité a réussi à boucler cet exercice de façon plus sereine et maitrisée. Il est vrai que l’exercice était moins difficile cette année, étant donné l’augmentation appréciable des recettes. Néanmoins, avec des dépenses limitées à l’inflation, un déficit public toujours important mais en diminution et un Plan Marshall financé, le Gouvernement témoigne d’une rigueur certaine, conscient de la nécessité de finances publiques saines. Cependant, la régionalisation des compétences fédérales qui s’annonce, couplée à une très probable révision de la loi de financement, offrira à n’en pas douter, de nombreux défis aux autorités régionales dans les années à venir.
Budget 2012 – Un budget qui prépare mal l’avenir
Le Gouvernement wallon doit affronter des rendez-vous cruciaux : l’assimilation de la nouvelle réforme de l’État et l’assainissement budgétaire global du pays, dans un contexte économique dépressif et avec la nécessité de mener en parallèle le redressement économique de la région. Les différents éléments de cette équation rendent l’exercice budgétaire particulièrement difficile et délicat. Si le budget 2012 répond à certaines exigences, par exemple de continuer à soutenir le Plan Marshall, il ne reflète cependant pas les contraintes que vont imposer les autres défis qui peuvent se résumer à assumer plus de compétences avec moins de moyens dans un environnement économique plus difficile. Les autorités wallonnes devront tôt ou tard se plier à la nécessité d’une meilleure efficacité des structures publiques wallonnes. À vrai dire, le choix pour le Gouvernement se réduit à, soit orchestrer lui-même une rationalisation des dépenses publiques et dès lors d’en atténuer les conséquences négatives, soit de se la faire imposer par les circonstances extérieures, avec toute la brutalité des décisions prises trop tardivement.
