Les investissements étrangers en Belgique et en Wallonie
La Belgique est-elle une terre d’investissement attractive ? Le climat politique tendu a-t-il affaibli la force d’attraction de la Belgique ? Et au sein de la Belgique, la Wallonie a-t-elle la cote ? Quelques questions auxquelles le «Baromètre de l’Attractivité en Belgique 2008» tente d’apporter des réponses.
Le «Baromètre de l’Attractivité» : la vision du monde des affaires sur la Belgique en tant que terre d’investissement
Réalisé par la société d’audit et de consultance Ernst & Young, le «Baromètre de l’Attractivité en Belgique» mesure l’attractivité du marché belge pour les investisseurs étrangers. Cette étude, qui en est à sa quatrième édition, repose sur une combinaison des résultats de l’European Investment Monitor, base de données assurant le suivi des investissements directs étrangers en Europe, et d’un questionnaire adressé à grande échelle aux décideurs de PME et de grandes entreprises à travers le monde.
L’UWE revient sur quelques unes des questions auxquelles le Baromètre de l’Attractivité tente d’apporter une réponse.
Les remous politiques consécutifs aux élections fédérales de juin 2007 ont-ils eu un impact sur la force d’attractivité de la Belgique ?
Malgré l’instabilité du climat politique, avec 175 investissements effectués en Belgique en 2007 (contre 185 en 2006), la «petite» Belgique se maintient sur la 5e marche du podium européen en termes de nombre d'investissements, juste derrière les «grands» pays que sont le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Espagne.
Signalons par ailleurs qu’un tiers à peine des entreprises interrogées ont eu vent de la situation politique tendue en Belgique (16% seulement en Amérique du Nord).
Qui investit en Belgique ?
Avec 49 projets sur 175, les Etats-Unis sont le premier investisseur en Belgique. Viennent ensuite les voisins directs : la France (21/175), le Royaume-Uni (16/175), les Pays-Bas (14/175) et l’Allemagne (13/175). Quant aux investissements issus des pays de la zone BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), nouveaux moteurs de l’économie mondiale, la Belgique a réussi à attirer 10 projets en 2007.
Et dans quels secteurs ?
La majeure partie des investissements directs étrangers se situent dans le secteur des services (Business support services, marketing, etc). Seuls 38 projets correspondent à l’installation d’unités de production industrielle. En outre, la Belgique a attiré 20 sièges d’entreprises en 2007, contre 9 en 2006. D'après le Baromètre, la déduction des intérêts notionnels, couplée à l’atout unique que représente Bruxelles en tant que capitale de l’Europe, peut expliquer ce phénomène d’attraction des quartiers généraux en Belgique.
Avec quelles retombées en termes de création d’emplois ?
Alors que le nombre d’investissements étrangers en 2007 est relativement stable par rapport à 2006, on enregistre une baisse des créations d’emplois liées à ces investissements d’environ 20%. Un constat : la Belgique attire peu de projets de grande envergure, générateurs de nombreux emplois.
Un élément susceptible de rassurer : le pourcentage de «nouveaux investissements» est assez élevé en 2007 (+20% par rapport à 2006), alors que les investissements des dernières années étaient surtout des «investissements d’expansion» d’entreprises existantes. Or les nouveaux investissements sont des promesses de croissance et de créations d’emplois pour les années futures.
Quels sont les atouts de la Belgique en tant que terre d’investissement ? Quelles sont ses faiblesses ?
Outre Bruxelles, capitale européenne, et la déduction des intérêts notionnels, la qualité des infrastructures (infrastructures logistiques et de télécommunications) et la qualité de vie restent les atouts traditionnels de la Belgique.
Du côté des freins à l’investissement les plus cités par les sondés, on retrouve : le coût de la main-d’œuvre, la forte pression fiscale et le manque de flexibilité du marché du travail.
Et la Wallonie dans tout cela, a-t-elle la cote ?
Pour la Wallonie, 5e région la plus attractive d’Europe selon le fDi Magazine et invitée d’honneur (avec la Californie) à la Conférence Mondiale de l’Investissement 2008, le Baromètre comptabilise 44 projets d’investissement en 2007, soit 25% des projets belges. La Wallonie accroît ainsi sa part dans les investissements directs étrangers en Belgique de 4 points de pourcentage par rapport à 2005.
Au niveau des provinces, c’est le Brabant wallon qui tire le mieux son épingle du jeu. Avec 16 projets d’investissements en 2007, la Province brabançonne double son score par rapport à 2006 et totalise à elle seule 36% des investissements étrangers en Wallonie. Les 64% restant se partagent entre la Province du Hainaut (30%), la Province de Liège (27%) et celle de Namur (6%).
En termes d'image de la Wallonie à l'étranger, le Baromètre nous apprend que 41% des entreprises interrogées connaissent l'existence du Plan Marshall en Wallonie (et du plan «Vlaanderen in actie» en Flandre).