Les entrepreneurs wallons anticipent un infléchissement du climat économique pour 2008
L'UWE a publié ce 6 novembre son "Point conjoncturel".
Après un pic à 2,7% en 2006, la croissance économique wallonne devrait atteindre 2,5% en 2007 et ralentir à 2% en 2008, soit des perspectives en ligne avec la croissance européenne. La bonne tenue de l’économie wallonne a des retombées positives sur le marché du travail : le nombre de demandeurs d’emploi régresse à un rythme de plus en plus soutenu depuis janvier 2007. Toutefois, l’embellie conjoncturelle ne parviendra pas à pousser le taux de chômage sous la barre des 10%. Pour que l’économie wallonne, et son marché de l’emploi, profitent pleinement des phases d’expansion économique, des réformes structurelles d’envergure s’imposent. Des pays européens tels que l’Espagne, les Pays-Bas ou la Suède ont montré la voie. Le plan Marshall est un pas décisif, mais qui doit être accompagné d’autres mesures dans le domaine de l’enseignement et sur le marché du travail.Voilà les principales nouvelles épinglées ce matin à Wavre par l’Union Wallonne des Entreprises (UWE)
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Après deux ans d’activité soutenue, les moteurs de la croissance wallonne s’essoufflent en 2008
D’après les entrepreneurs interrogés par l’UWE lors de son enquête conjoncturelle d’octobre, l’économie wallonne aurait conservé au premier semestre 2007 le rythme de croissance relativement soutenu enregistré en 2006. Mais, pour les trimestres prochains, les chefs d’entreprises wallons anticipent un infléchissement du climat économique, qui devrait surtout être ressenti au début de 2008.
Tant les résultats de l’enquête conjoncturelle de l’UWE, que les indicateurs prévisionnels wallons publiés par la Banque Nationale de Belgique (BNB), indiquent en effet un essoufflement des moteurs de la croissance wallonne. A l’avenir, les exportations, frappées par le fléchissement de la demande mondiale et l’appréciation de l’euro, et les investissements des entreprises, souffrant du durcissement des conditions de financement, ne stimuleront plus l’activité dans la même mesure que l’an passé et qu’au premier semestre de cette année. Quant à la consommation privée, elle devrait également connaître un coup de frein, comme le suggère la baisse de confiance des ménages, vite fragilisée par les premiers signes d’incertitudes en matière de créations d’emploi.
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La croissance économique wallonne devrait atteindre 2,5% en 2007, mais ne dépassera pas la barre des 2% en 2008
Dans ces conditions, l’UWE estime que la Wallonie pourrait boucler l’année 2007 avec une progression de l’activité de 2,5%, après une croissance estimée à 2,8% en 2006. Pour 2008, par contre, la croissance de l’économie wallonne ne devrait pas franchir le seuil des 2%. Même si en termes annuels le ralentissement peut sembler prononcé, l’économie wallonne, à l’instar de l’économie européenne, ne s’achemine pas vers un refroidissement marqué de la conjoncture. Il s’agit plutôt d’un atterrissage en douceur sur la fin de 2007 et le début de 2008, avec une stabilisation en seconde partie de l’année prochaine.
Au niveau belge, les prévisionnistes s’accordent sur une croissance de l’ordre de 2,7% pour 2007 et de 1,8 % pour 2008. Les écarts, à la baisse pour 2007 et à la hausse pour 2008, entre la situation wallonne et belge se justifient par la moindre réactivité du marché du travail wallon aux variations conjoncturelles.
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Le marché de l’emploi côté face : une amélioration sur le front du chômage …
En réponse à l’évolution positive de l’activité depuis le second semestre de l’année 2005, le marché du travail connaît une période de redressement. Le nombre de demandeurs d’emploi wallons a régressé à un rythme de plus en plus soutenu depuis janvier 2007 : -1,7% sur un an au premier trimestre, -4,9% au deuxième et -8,2% au troisième.
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… Le marché de l’emploi côté pile : un taux de chômage bloqué au seuil des 10%
Cependant, dans un contexte économique moins ferme, un ralentissement des intentions d’embauche se dessine déjà, suggérant que la phase de redressement actuelle du marché de l’emploi wallon serait assez proche de ses limites. En d’autres termes, le taux de chômage (selon la définition du Bureau International du Travail), estimé à 10,7% pour le premier trimestre de 2007, ne devrait pas descendre sous le plancher des 10%. Encore une fois, l’embellie conjoncturelle butte sur les racines structurelles du chômage wallon et ne réussit pas à faire baisser significativement le nombre de demandeurs d’emploi.
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Une croissance wallonne en ligne avec celle de l’Europe, mais insuffisante pour réduire significativement le chômage
Une analyse historique de la croissance wallonne montre que, depuis le début des années 2000, l’économie wallonne affiche des taux de croissance à peu près similaires à ceux de l’Europe. Incontestablement un signe positif. Mais cela ne semble pas suffisant pour infléchir sensiblement le taux de chômage wallon.
La Wallonie a besoin d’actions structurelles fortes pour plus de croissance, et plus d’emplois. Cette formule a été éprouvée par plusieurs pays européens : l’Espagne, les Pays-Bas ou encore la Suède sont aujourd’hui proches du « plein emploi » et connaissent des taux de croissance supérieurs à la moyenne européenne.
Le plan Marshall est un premier pas décisif, mais d’autres mesures doivent être prises, notamment dans la mise à disposition de terrains pour les entreprises et dans la poursuite d’une plus grande efficacité du FOREM. En outre, des mesures doivent être prises à d’autres niveaux de pouvoir. Au niveau de la Communauté française dans le domaine de l’enseignement. Au niveau fédéral pour accroître l’efficacité du marché du travail (réduction du coût du travail et des pièges financiers à l’emploi, thèmes développés dans « les Etudes sur la Situation de l’Entreprise » de l’UWE, publiées en juin 2007).
