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Capital à risque : suffisant en Wallonie ? Les réflexions de l’UWE

Par Yves-Etienne Massart - — 11/03/2008 12:43

11 mars 2008 - Globalement, il ne manque pas vraiment de capital à risque en Wallonie. Mais il y a un manque évident pour les montants de plus de 1,5 million d’euros, par des investisseurs spécialisés capables d’aider les PME actives dans des secteurs d’activités pointus et innovants. Telles sont les conclusions d’une étude universitaire commanditée par l'UWE à La Louvain School of Management.

Le capital-risque en Wallonie : où en est-on ?

Le capital à risque est-il présent en suffisance sur notre territoire wallon ? Est-il adapté aux besoins de nos entreprises? Nos entreprises y ont-elles recours de manière optimale pour leur développement?

Autant de questions qui sont importantes pour notre région. Les études empiriques montrent en effet que les jeunes entreprises financées par le capital à risque croissent plus vite que les autres. Et, comme l’ont montré différentes études menées par l’UWE, la Wallonie a, bien sûr, besoin de nouvelles entreprises, mais surtout d’entreprises en forte croissance.

Un groupe de travail a été formé à l’UWE sous la présidence d’Astrid Pieron, Administratrice de l’UWE.

Ce groupe de travail a commandité une étude exploratoire aux professeurs Van Wymeersch et Schwienbacher (de la Louvain School of Management) avec le mandat suivant : confronter l’offre et la demande de capital à risque en Wallonie afin de mettre en lumière les «défaillances de marché» du capital à risque en Wallonie.

La synthèse des résultats de l’étude

Globalement, il ne semble pas y avoir un manque généralisé de capital à risque en Wallonie. L’étude observe néanmoins une offre abondante de la part des acteurs publics (essentiellement via les Invests et la SRIW) mais bien moindre par des acteurs privés situés en Wallonie. Les ressources des acteurs publics semblent très morcelées, rendant difficile la réallocation de ces ressources en cas de besoin.

En revanche, il est probable qu’il existe un manque de capital-risque pour les montants de plus de 1,5 million d’euros par des investisseurs spécialisés capables d’aider les PME actives dans des secteurs d’activités très pointus et innovants. Ce manque semble d’autant plus important à combler pour les spin-offs universitaires.

Synthèse des premières conclusions de l’UWE sur le capital-risque en Wallonie

Sur base de cette étude et de l’expérience de ses différents membres, le groupe de travail tire les conclusions suivantes à l’issue de ses premiers travaux :

  • Les PME wallonnes innovantes ou spin-offs ne disposent que d’une offre locale limitée de capital-risque répondant à leurs besoins : investissement de plus d’un million par des équipes de fonds de capital-risque en mesure de prendre le risque en connaissance de cause.
  • Les PME wallonnes pâtissent d’une «culture capital-risque» insuffisante, et ne sont donc pas toujours réceptives à l’entrée de capital-risqueurs dans leur capital.
  • Dès lors, la Wallonie a autant besoin de fonds spécialisés dans des investissements d’une certaine taille et ciblés que d’équipes de capital-risque prêtes à «labourer» les terres entrepreneuriales wallonnes pour y faire germer la culture du capital-risque.

Les mesures dont les entreprises wallonnes n’ont pas besoin :

  • La création de nouveaux fonds capital-risque gérés par le secteur public : il y en a suffisamment, comme en témoignent les fonds non encore investis logés à la SRIW et dans les invests.
  • La création de nouveaux fonds privés ou mixtes orientés vers les PME « traditionnelles» : les acteurs actuels (invests notamment) devraient y pourvoir, mais peut-être au prix d’une réforme (association, évolution de la culture du risque,…)

L’objectif qui doit être poursuivi par des mesures nouvelles :

L’objectif serait d’attirer et/ou de regrouper des équipes professionnelles de capital à risque gérant des fonds d’une taille critique pour les inciter à «prospecter» le marché wallon et à investir des tranches importantes dans une seule entreprise. La présence de telles équipes et de tels fonds sur le territoire wallon auront au moins deux conséquences bénéfiques :

  • Une «proximité» plus grande de fonds de capital-risque privés spécialisés et d’une taille suffisante,
  • Une dimension «pédagogique» pour nos entreprises sur les réalités du marché du capital-risque et sur la nécessité de plans d’entreprises plus orientés vers la croissance.

Deux mesures envisagées par le Groupe de travail UWE :

  • La constitution d’un «réservoir» de fonds (privé/public) qui investirait dans des Fonds privés de capital-risque prioritairement orientés vers les PME wallonnes non traditionelles.
  • L’instauration de guidelines entre les acteurs wallons du capital-risque (invests, SRIW,…) pour accroître les synergies, les approches de marché et la professionnalisation dans l’accompagnement des sociétés en croissance.



Fin du communiqué de presse


EtudeCapitalRisque_110308L’étude «Le financement par capital-risque des entreprises innovantes en Belgique» (59 pages) est disponible en format électronique (PDF) ICI. Sont également disponibles les présentations PowerPoint de la conférence de presse du 11 mars 2008.