La reprise est là, comment l’accélérer ?

La reprise est là, comment l’accélérer ?

Cette question était au centre des discours prononcés par Yves Prete et Olivier de Wasseige lors de la réception de Nouvel an 2018 de l’UWE. Une idée semble en effet faire consensus auprès des entrepreneurs wallons : l’embellie de 2017 devrait se prolonger en 2018. Les chiffres sont là et l’UWE affiche un optimisme volontariste pour l’économie wallonne.

Nos points conjoncturels et les enquêtes de conjoncture de la BNB sont en phase avec ce sentiment positif. « L’objectif de croissance pour la Wallonie doit donc être ambitieux :  il ne s’agit pas de se contenter de faire aussi bien que les autres« . La Wallonie doit résorber son retard, rattraper la moyenne européenne, et donc elle n’a pas une minute à perdre : elle doit même redoubler d’efforts pour accélérer la croissance.

Les bons résultats dépendent bien évidemment de la conjoncture internationale. Une économie ouverte comme la nôtre est très sensible à l’environnement international. Mais « ces résultats sont aussi le fruit des efforts des entreprises pour améliorer leur position concurrentielle. Les mesures prises par nos gouvernants pour soutenir l’innovation et la recherche, résorber partiellement notre handicap salarial, rendre le marché du travail un peu plus flexible, aider les PME à embaucher, etc… ont fortement contribué à l’amélioration de l’économie et aux créations d’emploi« .

D’autres mesures viennent d’être décidées, à l’instar de la baisse de l’impôt sur les sociétés. Leur mise en œuvre et la poursuite des actions déjà engagées seront positives sur l’économie et l’emploi.

Mais l’UWE constate que « malgré les efforts réalisés, notre PIB par habitant stagne à 80% de la moyenne européenne et notre taux de chômage est toujours élevé. Pour atteindre la moyenne européenne de PIB par habitant en 2030, si on considère que la moyenne de la croissance de la zone euro sera de 1,8% par an, avec une inflation de 1,7%, il faudrait que la Wallonie ait un taux de croissance de… 3% par an pendant les… 12 années à venir ».

Comment accélérer ? comment maximiser la reprise économique ? En ayant de l’ambition ! Et en nous investissant dans les nombreux chantiers importants qui nous attendent : la croissance des PME, l’accélération des startups, la ré-industrialisation, la mobilité, la transition énergétique, l’internationalisation, l’innovation, les plans nationaux et régionaux d’investissements ,etc.

Enseignement et formation sont deux des conditions indispensables pour réussir. Le futur de la Wallonie et des Wallons passera prioritairement par un meilleur fonctionnement du marché de l’emploi grâce, notamment, à un enseignement et à une formation réformés. Face au rythme des avancées technologiques et scientifiques, la qualité de l’enseignement est de loin le facteur le plus important pour assurer l’avenir de nos sociétés. L’UWE fonde beaucoup d’espoirs sur le Pacte d’Excellence et s’avoue déçue de la lenteur de mise en œuvre d’actions concrètes, les analyses à la base de ce pacte datent de 2007.

Au travers des concertations, discussions, négociations entre les parties intéressées, le Pacte prend du retard et les enfants attendent. « Il n’est pas acceptable de continuer à sacrifier des générations ! Il faut décider, arrêter de tergiverser, et appliquer« .

La Wallonie est à un tournant : qui dit croissance dit création de postes. Le problème de pénurie de main d’œuvre est le challenge n° 1 pour 2018 : notre région peut-elle se permettre le luxe de freiner sa reprise, faute de pouvoir combler les postes vacants ? C’est une question d’ambition et un enjeu de société. « Notre incapacité croissante à honorer les offres d’emploi est choquante dans une région où le chômage est proche de 10%. Des progrès ont été réalisés en formation en alternance mais, là aussi, il faut aller plus vite et plus fort. La formation et l’activation des demandeurs d’emplois sont des priorités absolues ! »

Autre condition de la réussite : l’esprit d’entreprise. Le goût et l’envie d’entreprendre sont essentiels pour redresser l’économie Wallonne. L’étude récente d’EY a montré que les Belges étaient lanterne rouge en Europe en matière d’entrepreneuriat. Il nous faut répéter sans cesse des évidences : « Notre modèle social n’est possible qu’à condition que la richesse créée soit suffisante pour l’alimenter« . Or, l’argent public n’existe pas. « L’argent public est de l’argent privé prélevé par l’Etat, la Région ou la commune. Et cet argent provient de l’activité privée, donc y compris des salaires. Activité privée qui est dopée par la croissance des entreprises et par l’esprit d’entreprise d’hommes et de femmes qui ont créé leur propre emploi ou leur propre entreprise« .

Enfin, dernière condition pour réussir : la cohésion sociale. La Wallonie ne réussira pas sans consensus social ! Dans un monde en changement constant, la société doit être capable de se mobiliser pour le bien commun et chacun doit, à son niveau, faire les efforts indispensables pour s’adapter et contribuer à la création d’une société prospère et solidaire.  » Ceci ne marchera qu’à condition que tout le monde soit aligné sur ces objectifs, dans un climat de confiance et dans la sérénité. En la matière, la Wallonie a encore de sérieuses marges de progrès. L’UWE plaide pour une nouvelle concertation sociale, ouverte et constructive« . Pour sa part, l’UWE s’attachera à travailler en harmonie avec les partenaires sociaux pour dégager les consensus indispensables pour le futur.

Quelques chiffres-clés pour mieux comprendre la reprise et les défis de la Wallonie :

  • Le baromètre conjoncturel de la BNB est en croissance continue depuis 2013 et il faut revenir en 2011 pour retrouver un baromètre au niveau de celui de fin 2017.
  • Le niveau de confiance des consommateurs wallons a atteint un niveau historiquement élevé. Un tel niveau n’a jamais été observé depuis la création de cet indice par la BNB (en 2003).
  • La confiance des entrepreneurs est en croissance depuis 2012. 20.000 emplois ont été créés en 2017 et 20.000 emplois devraient l’être en 2018.
  • Le taux de chômage des 20-64 ans est repassé en-dessous de la barre des 10% en 2017 (9,7% pour le 3e trimestre). Il était encore situé à 11,7% en 2014 et 2015.
  • Le taux d’emploi des 20-64 ans est de 63,7% au 3e trimestre 2017. Le taux d’emploi 2017 atteint le même niveau que celui de 2008.
  • L’indicateur de conjoncture se situe au niveau d’avant crise (2008).
  • Les exportations wallonnes pour  l’année 2017 (uniquement les 3 premiers trimestres) auraient augmenté de 5,9% par rapport à l’année 2016. Si on compare par rapport à 2015, on observe une augmentation de 11,3% (source : BNB).
  • Plus de 224.500 offres d’emploi ont été diffusées par le Forem en 2017, soit 33% de plus qu’en 2016.
  • 31.000 postes sont vacants, l’augmentation de 50% par rapport à 2016 étant un signe de reprise (mais le fait d’avoir autant d’emplois vacants reste un problème).

Réception de Nouvel An de l’UWE