Les présidents
de l’UWE…

HistoriqueLéon Jacques
(1968-1970)

HistoriqueCharles Isaac
(1970-1971)

HistoriqueRoger van der Schueren
(1971-1973/1979-1983)

HistoriqueAndré Lavenne
(1973-1975)

HistoriqueJacques Delruelle
(1975-1979)

HistoriqueMichel Vandestrick
(1983-1987)

HistoriqueMichel Coenraets
(1987-1990)

HistoriquePhilippe Delaunois
(1990-1993)

HistoriqueDominique Collinet
(1993-1996)

HistoriqueMichel Hahn
(1996-1997)

HistoriqueJean Stéphenne
(1997-2000)

HistoriqueJean-Jacques Verdickt
(2000-2003)

HistoriqueHenri Mestdagh
(2003-2006)

HistoriqueEric Domb
(2006-2009)

HistoriqueJean-Pierre Delwart
(2009-2012)

HistoriqueJean-François Heris
(2012-2015)

HistoriqueYves Prete
(2015-2018)

Le rôle de l’UWE à travers son histoire

Si l’UWE fait aujourd’hui partie intégrante du «paysage patronal», il n’en a pas toujours été ainsi. Petit retour vers le milieu des années soixante.

 

Les débuts (1965-1970)

C’est vers 1965, alors qu’une décentralisation économique était en train de se mettre petit à petit en place, que se fait sentir chez les chefs d’entreprises wallons la nécessité d’un regroupement plus organisé, plus formalisé.

Parmi les pionniers de l’époque, citons Jules Delruelle (Prayon), Georges Halbart (Magotteaux), Georges Henry (Glaverbel), Pierre Holoffe (Asphaltco), Léon Jacques (Carrières de Quenast), Jean Lannoye (Papeteries de Genval), Jules Plaquet (Compagnie des Ciments Belges), Alfred Putzeys (Pieux Franki)…

Ceux-ci décident, fin 1967, d’inviter une centaine de chefs d’entreprises à participer à une réunion d’information. A l’issue de cette réunion, ils créent l’Union Wallonne des Entreprises et non pas l’Union des Entreprises Wallonnes, afin de permettre aux entreprises étrangères qui commençaient à s’implanter nombreuses en Région wallonne de rejoindre cette organisation.

Dans le même temps, il est décidé de s’ouvrir à la fois aux industriels et aux non-industriels. Il est important de préciser qu’à cette époque la FEB (Fédération des Entreprises de Belgique) n’existait pas encore et que l’organisation nationale s’articulait sur une Fédération des Industriels de Belgique et une Fédération des entreprises non-industrielles de Belgique. A la suite de cette première réunion, il est décidé de mettre en place un Conseil d’Administration et de se doter de quelques moyens de départ.

C’est le 2 avril 1968 que sont adoptés les premiers statuts. La première Assemblée générale, en 1969, se tient à l’Institut du Verre de Charleroi, avec un thème d’actualité politique mis en discussion : il s’agit du projet de créer une société de développement régional pour la Wallonie et l’UWE prend position pour une seule SDR, ce qui sera traduit politiquement dans les faits en région wallonne, à la différence de la Flandre.

L’UWE mettait en garde, dès ce moment, contre le climat de dénigrement et de pessimisme entretenu artificiellement par certains milieux en Wallonie.

 

La consolidation (1970-1979)

C’est en 1970 que l’UWE trouve véritablement sa raison d’être. La loi «Terwagne» du 15 juillet 1970 porte en effet organisation de la planification et de la décentralisation économique et met en place les Conseils économiques régionaux, les Sociétés de Développement régional, l’Office de Promotion industrielle, le Bureau du Plan et ses sections régionales.

Léon Jacques, premier Président de l’UWE (1968-1970), côtoie de multiples interlocuteurs. Au niveau syndical, Alfred Delourme, Robert Lambion ou André Genot, ainsi que Louis Dereau et Robert D’Hondt ; au niveau patronal, sur le banc des Classes moyennes, Joseph Carpay ou chez les agriculteurs Jean Sondag… Malgré le climat de contestation qui s’installe et la fin du consensus qu’il attribue à la «génération Debunne» et malgré aussi les «coups de gueule» d’Alfred Delourme, Léon Jacques en conserve un bon souvenir. Il l’a d’ailleurs proposé à la présidence du premier Conseil Économique de la Région wallonne, au terme d’un accord entre les différents partenaires qui prévoyait l’alternance de la présidence.

Le deuxième Président de l’UWE, Charles Isaac (1970-1971), donna à l’UWE encore embryonnaire une impulsion puissante. Il la dirigea, comme il dirigeait ses entreprises, se fixant des objectifs précis, et mettant tout en œuvre pour les réaliser.

Le troisième Président, Roger van der Schueren, prit au cours de ces deux mandats (1971-1973 et 1979-1983) de nombreuses initiatives telles que la mise au point d’un tableau de bord de l’économie wallonne avec l’IRES, le lancement d’une enquête sur l’esprit d’entreprise en Wallonie, un intérêt particulier pour le secteur des biotechnologies, initiative relayée par les Pouvoirs publics et notamment le Ministre Wathelet, la constitution de groupes de travail internes à l’UWE préparatoires aux commissions correspondantes du CERW, l’engagement de chargés de missions.

Pour tous ces projets, il joue également un rôle de «découvreur de talents» en allant chercher des collaborations extérieures : François-Xavier de Donnea, Professeur à l’Institut d’Administration et de Gestion de l’UCL est chargé de la coordination de la représentation UWE au Conseil Économique de la Région wallonne, Pierre Gehot, Conseiller à la société Générale de Belgique devient Président du groupe de travail «Commerce extérieur», Philippe Bodson de Glaverbel et Hervé Hasquin, alors jeune Recteur de l’ULB, trouvent une première tribune wallonne à l’occasion du lancement et des conclusions de l’enquête sur l’esprit d’entreprise en Wallonie.

Le Président suivant, André Lavenne (1973-1975) a pour ambition de faire mieux connaître l’UWE. A cet effet, il multiplie les contacts notamment avec les syndicats et avec les pouvoirs politiques. Il a beaucoup à faire : les Secrétaires d’Etat à l’Économie Wallonne se suivent et ne se ressemblent pas nécessairement, on se souvient d’Edouard Close, Robert Urbain, Jean Gol, Jean Defraigne… ce qui n’empêche pourtant pas l’UWE de nouer avec ces précurseurs d’un Exécutif régional des collaborations efficaces.

Jacques Delruelle, Président de 1975 à 1979, en avance sur son temps dans la prise de conscience wallonne, l’est aussi dans le souci de rédiger une doctrine de l’UWE rassemblant tous les dirigeants d’entreprises. Cette initiative débouchera plus tard sur «L’entreprise, source de progrès – axes d’une doctrine de l’UWE», qui est l’amorce de mouvements de fond irréversibles pour l’UWE. C’est par ailleurs sous sa présidence, en 1975, que l’UWE se transforme d’association de fait en ASBL.

 

1979 à nos jours

Michel Vandestrick (1983-1987) développe « une politique d’expression et de présence« . Pour lui, la Wallonie est la partie du pays où la notion d’entreprise libre est la moins bien acceptée par une certaine opinion et il faut donc l’expliquer sans ambiguïté. Le patronat ne doit pas avoir mauvaise conscience, ni se culpabiliser dans cette période de crise. Il souhaite également développer la crédibilité de l’UWE et améliorer son efficacité. C’est pourquoi il porte son attention sur le contenu des messages et fait développer les études économiques, les enquêtes et les prises de positions des groupes de travail, la présence et la participation active dans les mécanismes de concertation. Il développe l’opération «portes ouvertes» des entreprises sur leur environnement, puis vers le monde politique et les enseignants.

Michel Coenraets, en accédant à la présidence en 1987, donne du patronat l’image de cette Wallonie qui voit naître un peu partout et avec succès des activités nouvelles, là même où beaucoup de grands groupes, marqués par la crise économique, se restructurent et cherchent à mieux rassembler leurs forces. C’est lui qui lance, le 1er octobre 1988, le mensuel «Dynamisme Wallon», auquel il assigne la tâche de faire connaître aux chefs d’entreprises tout ce qui bouge en Wallonie.

Son successeur, Philippe Delaunois (1990-1993), veille à impliquer tous les membres dans le travail quotidien de l’UWE, ce qui a eu pour résultat le renforcement de sa représentativité. « L’UWE est l’organisation qui parle sans conteste au nom des entreprises. C’est en leur nom que l’Union Wallonne prend de plus en plus fréquemment des positions dans les matières qui conditionnent leur bonne marche et leur développement. Ces positions reposent sur des études approfondies menées par les services de l’UWE et confrontées aux réalités rencontrées par les membres. C’est pour cela que l’Union Wallonne bénéficie d’une audience de plus en plus manifeste de la part de ses interlocuteurs ».

Dominique Collinet insiste, au cours de sa présidence (1993-1996), sur ce qui conditionne la bonne marche des entreprises implantées en Wallonie, notamment en demandant un minimum de stabilité juridique. « Pour se développer, les entreprises doivent pouvoir anticiper, c’est-à-dire connaître le contexte dans lequel vont se concrétiser, demain, les décisions d’investissement, d’extension, de redéploiement qu’elles prennent aujourd’hui », a souvent fait remarquer Dominique Collinet, tout en expliquant que les réalisations sont les plus importantes et les plus rapides là où il existe une entente entre les partenaires publics et privés quant au devenir économique d’une région.

Michel Hahn écourta sa présidence (1996 à 1997) pour assumer la charge de Commissaire belge de l’Exposition Universelle de Hanovre 2000. Dès le départ, il entendait mettre sa présidence sous le signe du Commerce extérieur, ambitionnant de voir les exportations wallonnes augmenter de 10%.

Patron d’une entreprise qu’il a accompagnée depuis ses débuts pour en faire un leader mondial dans son secteur, Jean Stéphenne (1997-2000) est particulièrement bien placé pour identifier les forces et faiblesses de la Wallonie. Partisan du franc parler, il a dès son entrée en fonction posé un diagnostic lucide et sans complaisance sur la Wallonie. Il a également proposé une nouvelle vision d’une Wallonie décidée à relever le défi des années 2000, vision défendue inlassablement à tous les niveaux politiques, patronal et syndical, jusqu’au conseil d’entreprise.

Sous le slogan «Entreprendre est un acte citoyen», Jean-Jacques Verdickt (2000-2003) prend au mot le Contrat d’Avenir pour la Wallonie qui ambitionne de revenir dans la moyenne des régions européennes en 2010 en termes d’emploi et de PIB par habitant. Pour lui, il s’agit avant tout de placer l’entreprise et l’acte d’entreprendre au cœur du processus de reconstruction de notre région. Multipliant les contacts, il accompagne le lancement de Start-It (fonds de capital à risque pour entreprises innovantes), lance un vaste plan d’action tourné vers les jeunes et destiné à les rapprocher du monde de l’entreprise, et fait progresser le dialogue entre les différentes composantes du paysage patronal.

En octobre 2003, c’est Henri Mestdagh (2003-2006) qui accède à la présidence de l’UWE. Incontestable ambassadeur de l’esprit d’entreprendre, c’est un homme engagé, aimant l’action, qui a fait grandir le groupe familial tant en Europe qu’outre mer. Une expérience qu’il met à profit pour continuer à jeter des ponts entre toutes les institutions qui apportent de la valeur ajoutée à la Wallonie.

En 2006, la présidence de l’UWE est assumée par Eric Domb (2006-2009). Patron d’une PME qu’il a lancée en 1993 et qu’il a développé pour en faire une véritable «success story» (Pairi Daiza accueille plus de 500.000 visiteurs par an), Eric Domb saisit toutes les occasions qui se présentent pour promouvoir, à la lumière de son expérience personnelle, l’esprit d’entreprise en Wallonie. Durant toute l’année 2007, et notamment à l’occasion de la formation du Gouvernement fédéral, il a rappelé que pour les employeurs wallons, la priorité n’est pas institutionnelle mais socio-économique.

En accédant à la présidence en octobre 2009, Jean-Pierre Delwart, CEO de l’entreprise biotechnologique Eurogentec, a choisi d’articuler son engagement autour de 4 axes : (1) donner (ou redonner) de l’ambition aux entrepreneurs wallons, (2) encourager et soutenir la rigueur de gestion des Pôles de Compétitivité et l’efficacité des mesures prises par le Gouvernement, (3) promouvoir la valeur « travail » et (4) contribuer à redonner une bonne image à la Belgique.

Les chantiers prioritaires de la présidence de Jean-François Heris (2012-2015), Président & CEO AGC Glass Europe, étaient clairement identifiés : faire de la Wallonie «une pépinière de talents et de main-d’œuvre qualifiée», ce qui impliquait une amélioration de la qualité de l’enseignement francophone. Autres axes forts de son mandat : l’accompagnement des entreprises dans leur croissance et la simplification des outils publics pour faire rimer simplicité et efficacité.

Pour Yves Prete (2015-2018), l’Union Wallonne des Entreprises doit garder le cap du plan «Ambition 2020» qui se base sur des défis fondamentaux qui, quoi qu’il advienne demain, sont porteurs de progrès pour la Wallonie : la croissance des entreprises, l’efficacité du marché du travail, la construction d’un climat social de qualité et la modernisation de l’appareil public. En accédant à la présidence en 2015, il a aussi rappelé que « les organisations patronales ont, de tous temps, déployé beaucoup d’efforts pour expliquer le lien entre Entreprise et bien-être des citoyens. Il est de notre devoir de continuer dans ce sens.  Une région qui n’aime pas ses entreprises et ses entrepreneurs ne peut que s’appauvrir« .

 


L’historique de l’UWE serait incomplet sans rappeler l’apport déterminant de ceux qui ont eu en charge la gestion journalière de l’UWE : Michel Verbruggen, Jacques de Clercq, Marc de Middeleer, Roger Davreux, Pierre Beaussart, Xavier Desclée et Vincent Reuter.

Depuis septembre 2017, cette mission est dévolue à Olivier de Wasseige. L’actuel Administrateur Délégué est Licencié et Maître en Informatique (Université de Namur). Il a passé toute sa carrière dans le secteur informatique, notamment chez IBM. Il a créé sa première société en 1999 (DefinITion devenue Defimedia), puis en 2010 le fonds Internet Attitude, qui investit dans des startups du secteur internet. Il est aussi coach au VentureLab, l’incubateur pour étudiants-entrepreneurs du Pôle Académique Liège-Luxembourg. Il enseigne à l’UCL et dans diverses Hautes Ecoles.